dimanche 25 novembre 2018

CRÉATIVITE & INSPIRATION


Je regrette d’avoir laissé ce blog de côté depuis de trop nombreux mois.
Je lis souvent ce genre de phrase sur des blogs que je suis et qui ne sont plus alimentés régulièrement : «  Cela fait longtemps que je ne suis pas passée par ici » ou « J’ai délaissé mon blog depuis un certain temps » etc. (D’ailleurs, j'ai eu beaucoup de mal à me réhabituer avec les différents réglages de Blogger, mon post a donc une apparence un peu bancale).

Instagram a en effet pris une très grande place dans la vie des bloggeurs-euses : tellement rapide, simple et instantané, que la (relative) difficulté du blog paraît presque fastidieuse… Prendre le temps de réfléchir, de structurer ses idées, de clarifier ses pensées et de rédiger me manque cependant beaucoup. Alors, je tenterai de poster de nouveau régulièrement ici.

C’est vrai qu’avec Instagram, le « retour » est quasi immédiat (les likes, les commentaires, les messages privés…), la facilité avec laquelle on poste ses photos sans avoir à changer leur résolution ni les renommer et sans tous ces réglages propres au langage des blogs, tout cela donne un sentiment gratifiant très vite. Nul besoin de se creuser la tête pour faire un plan avant de rédiger un article, de s’occuper des mots-clés, des balises…

Et se noyer dans le flux d'images pour découvrir un nombre insensé de créateurs et de créatrices est réellement vertigineux.


Aujourd’hui, c’est dans cet espace que j’ai envie de parler de créativité (comment la nourrir), d’inspiration (comment la trouver) et de temps (comment en dégager pour créer).

La création a, en effet, pris de plus en plus d’importance dans ma vie. J’y consacre beaucoup de temps. C’est devenu essentiel pour moi de créer, alors qu’auparavant, cela restait à l’arrière-plan, puisque je ne m’autorisais pas vraiment à le faire sérieusement.


Comme tout le monde, j’ai les mêmes doutes, les mêmes préoccupations, les mêmes moments de découragement et je suis sensible à l’expérience des autres. Alors, peut-être mon cheminement, mon quotidien et mon évolution vous parleront.



Plus on pratique, plus on progresse

 



Essayer, tâtonner, recommencer, tenter, expérimenter… Et pratiquer. Sans cesse. (C'est le conseil de Stephen King qui s’oblige à écrire 2000 mots par jour.)

Chaque jour donc, je dessine, gribouille, brode, même quelques minutes. Je reprends d’anciens ouvrages, modifie une broderie en y ajoutant des points, commence à peindre un nouveau projet, termine une broderie en cours… Cela pourrait signifier « partir dans tous les sens » (c'est un peu vrai tout de même), mais cela me permet surtout de pratiquer, et donc de progresser.

C’est fou les progrès que l’on fait lorsqu’on travaille sans cesse son geste ou sa technique.
Cette discipline est essentielle pour progresser. Et c’est vrai dans tous les domaines.



Avoir toujours les yeux et l’esprit ouverts


L’inspiration est partout : il faut sans cesse observer, être curieux-se de tout et s’intéresser à des domaines différents. C’est vraiment cela qui ouvre l’esprit. 

J’ai la chance d’avoir à disposition au bureau, un nombre considérable de titres de presse : de la presse culturelle ou économique, en passant par des magazines féminins, des revues arty, littéraires, régionales, des quotidiens, des mensuels… tout y est ! C’est une source incroyable d’inspiration.

Je n’ai pas d’a priori (ou presque), je lis quasiment tout ce qui me tombe sous la main. Car, outre mon intérêt pour l'actualité, les publicités, les pages mode, les pages arts ou les unes de certains quotidiens sont parfois si belles, si créatives, si graphiques qu’elles me fournissent beaucoup de pistes et de point de départ.

Tout peut être source d’inspiration, quel que soit son domaine d’activité : la posture d’un top model dans une publicité, une photographie particulièrement bien composée, les couleurs d’une couverture de livre, une typographie, une belle mise en page…

J’ai ainsi des carnets de notes, des cahiers de croquis et des feuilles de papier, à des endroits « stratégiques » : au salon, dans la cuisine, dans l’entrée, dans mon sac… pour noter les idées dès qu’elles viennent, pour ne pas les laisser s’envoler… Je découpe aussi des photos, des articles et les colle dans mes cahiers, je fais des dessins…



Le supplément d’un magazine économique de Savoie par exemple (Activmag), aux belles photos (et aux titres et intertitres aux jeux de mots souvent drôles et décalés…). Magazine très inspirant pour moi. J’habite Paris, je ne fais pas de ski, je ne vais pas à la montagne, ne connaît pas la région Savoie ni la Suisse et n’ai que faire des publicités pour des boutiques d’Annecy, l'iconographie est très sympa. De même, les suppléments des quotidiens sont plein de belles images, photos ou illustrations et de mises en pages créatives.



Les autres doivent être (sont) un moteur


Admirer le talent des autres est un vrai moteur pour moi et me pousse sans cesse à m’améliorer, à progresser.
On entend de plus en plus qu’Instagram serait un vecteur de déception voire de dépression, qu’au-delà des shoots de dopamine produits par les likes et les commentaires, il y aurait un effet pervers : des sentiments négatifs et du découragement lorsqu’on suit des gens aux vies parfaites, des créations magnifiques, des créateurs-trices qui ont du succès…

C’est pour cela qu’avoir une utilisation raisonnée de ce réseau, ne pas en attendre trop, ne pas être dupe d’une certaine superficialité et rester soi-même est essentiel pour ne pas se décourager et n’en tirer que du bénéfice.

Ce que j’essaye de faire :

  • Je suis des gens dont j’aime vraiment l’univers, les photos et/ou les textes : je choisis des créateurs-trices à suivre qui sont «  vrai-e-s », qui ont un contenu enrichissant (pas ceux-celles qui font des selfies dans un palace, boivent des mojitos au bord d’une piscine ou font des pubs déguisées, etc.).
  • J’essaye de nourrir mon imaginaire : m’inspirer de l’angle de vue adopté par l’un ou l’autre dans sa publication, admirer une photographie, suivre un « feed » particulièrement graphique ou une vie quotidienne joliment illustrée et aux légendes bien écrites. Je suis sensible à l’évolution artistique de telle créatrice, à l'humour d’une autre...
  •  Je ne perds jamais de vue mon propre style, mon imaginaire, ma personnalité, je ne copie pas et j’essaye de ne pas me comparer !

Car il y a toujours plus talentueux, plus reconnu, plus créatif que soi. Quelqu’un avec une technique parfaite, un talent incroyable ou un sens des couleurs incomparable. Et c’est souvent source de frustration de ne pas se sentir au même niveau (et surtout savoir que l’on atteindra sans doute jamais ce niveau ;)…

Alors, je regarde, je m’enthousiasme, j’apprends. 
Et je me concentre sur ce que moi je sais faire et sur mes atouts.


Se perfectionner/se corriger


Outre ma pratique quotidienne, je fais beaucoup de photos de mes créations. Je n’en publie que très peu sur le blog ou sur Instagram et j’en efface énormément.
Cet exercice me permet de mieux visualiser mes erreurs, ce qui cloche dans un dessin ou une broderie, ce qui est raté ou moche.
De la même façon que tenir son dessin devant un miroir et de regarder le résultat permet de corriger les erreurs : souvent, devant le reflet inversé du dessin, on voit immédiatement la maladresse de la composition, la perspective fausse ou le sujet pas du tout ressemblant.
Je recommence donc beaucoup, conserve ce qui peut être amélioré et jette sans état d’âme ce qui est vraiment raté.


Bien connaître son domaine d’activité


Tout ce qui touche à l’art en général et à l’art textile en particulier m’intéresse : la broderie évidemment, mais pas seulement. Le tissage, le macramé, le punchneedle, le patchwork, le crochet, le tricot… peuvent également influencer mes créations.
Je suis des comptes/blogs relatifs à ces domaines, j’y puise de nombreuses idées, même si je ne pratique pas la plupart de ces disciplines.
Essayer de se tenir au courant des tendances et des nouvelles techniques, ainsi que créer des liens avec ceux qui font la même chose que soi est également très important…
J’échange avec les gens qui me suivent ou ceux que je suis à travers des commentaires, des messages privés. Mais cela peut être également les rencontrer, par exemple dans des salons…

Ne pas rester dans son coin et oser est sans doute ce qui est le plus difficile.



Bookhou : Cette créatrice a un talent fou. Artiste textile complète, ses créations sont toujours de toute beauté (et ses photos magnifiques).
https://www.bookhou.com/
https://www.instagram.com/bookhou/?hl=fr


Melle fleur : j'aime beaucoup son utilisation de la géométrie et son sens de la composition. 
https://www.instagram.com/melle.fleur/?hl=fr




Mon interprétation : ma broderie en style punchneedle, 
mais réalisée avec une aiguille " normale ".


Je ne pratique pas le punchneedle (mais je sens que je vais m’y mettre… mille ans après tout le monde, quand on en aura marre d’en voir !), mais le rendu, les à-plats de couleurs avec les points bien visibles me plaisaient beaucoup. Alors, avec mon fil et mon aiguille, j’ai, sans m’en rendre vraiment compte, cherché à obtenir ces effets.


S’intéresser à des domaines loin ou très loin de soi

S’ouvrir à des domaines très différents me permet de trouver de nouvelles pistes, d’agrandir mon champ de possibilités. Être curieux rend toujours plus créatif.

Je fais surtout des créations textiles et de la broderie, mais j’aime suivre des artistes ou des comptes qui évoluent dans un tout autre domaine, même si ce sont pour la plupart des comptes liés à l’art ou la création : des graffeurs, des architectes, des photographes, des illustrateurs, des peintres, des sculpteurs, des linograveurs… Il y a aussi des tricoteurs-euses, crocheteurs-teuses et couturiers-ières…Les associations de couleurs d’une illustration comme les motifs d’un tissu, la photo d'un jardin ou d’un bel intérieur ouvrent pleins de chemins créatifs.


Ici, par exemple, un compte que j’aime beaucoup – Jolecoucou –, qui ne présente que des photographies très graphiques d’architecture (la géométrie et la symétrie me fascinent). Les cadrages géniaux et ultragraphiques sont pour moi une très grande source d’inspiration (la composition des lignes, les petites touches de couleurs, les diagonales…).

https://www.instagram.com/jolecoucou/




Mes sources d’inspiration


Les comptes étrangers


S’il y a bien des comptes inspirants sur Instagram, ce sont les comptes anglo-saxons : britaniques, américains, australiens, canadiens… Premiers arrivés sur ce réseau social, ils ont la plupart d’entre eux dépassé les 10 k de followers, et sont souvent une mine de créativité en tous genres (papeterie, crafts divers, broderies, arts textiles, mode…).
Sans oublier les comptes japonais ou nordiques…

Le cinéma, la littérature, la peinture, les séries…

Incontournable pour moi. Je crois que c’est dans ces domaines que je puise le plus d’inspiration. Que ce soit le sujet, l’angle de vue, ou bien la forme : la couverture d’un livre, les cadrages d’un film ou d’une série, une affiche de cinéma, un tableau… tout peut être réinterprété, réapproprié.




Des lèvres bien dessinées, un air grave une couleur noire dominante et des éclats de couleurs.
C’est l’admiration que je porte à certains artistes japonais qui m’a inspiré ce portrait noir et blanc à l’encre de Chine.

Aller au musée ou voir des expos

(même si à Paris cela commence à être très pénible de voir une expo dans de bonnes conditions : faire la queue pendant des heures pour certaines expos est insupportable. Je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres grandes villes).





Ici, c’est le pop art américain et Roy Lichtenstein qui m’a inspirée cette broderie.



Dans la rue/en promenade



Les vitrines, les passants, le mouvement des voitures, les arbres… tout est prétexte à faire jouer son imagination. Regarder vivre la ville ou admirer les paysages ouvre forcément des pistes créatives. On peut aussi porter un regard différent/décalé/créatif sur sa vie quotidienne (bon, j’avoue que c’est dur de trouver l’inspiration au supermarché ou en faisant la cuisine quotidienne).

Les couleurs de la nature sont pour moi une grande source d'inspiration. Un parterre de feuilles aux belles couleurs automnales photographié en forêt, et un sol d’argile craquelé découvert aux Canaries il y a quelques années m’ont inspirée une intéressante palette de couleurs pour de futurs projets...






Prendre le temps

J’en arrive au fameux sujet du Temps ! Oui, comment trouver le temps pour avoir sa bulle à soi et pour créer ?
Lorsqu’on travaille et que l’on a des enfants, comment faire rentrer dans son emploi du temps des activités plus personnelles qui demandent de l’engagement ?
Si on enlève les 8 h de travail, l’heure ou les 2 h de transport, les 7 ou 8 h de sommeil, les repas, les courses… il ne reste plus grand chose.

C’est souvent davantage le temps de cerveau disponible (pour paraphraser un ancien PDG), et l’énergie qui est le plus difficile à trouver.
Pour cela, chacun a sa méthode, sa force, son tempérament.

Quant à moi, je grappille du temps ici ou là, profite du bus quand je ne viens pas à pied au bureau pour noter des idées sur mon téléphone, retoucher des photos ou répondre à des commentaires…
Je me lève tôt pour savourer un moment de calme et de solitude et ainsi noter les éventuelles idées en buvant mon café.

Surtout j’essaye de ne jamais laisser filer les instants où je suis inspirée.



Mes objectifs

Il faut toujours avoir un objectif, aussi petit soit-il (inutile de prévoir un but à 5 ou10 ans. Se donner quelques mois pour essayer de réussir ou d'entreprendre quelque chose est beaucoup moins stressant).
En ce qui me concerne, je vais d’abord essayer de corriger certains travers que j’ai et m’ouvrir à d’autres techniques. En me disciplinant chaque jour, je pense pouvoir atteindre cet objectif sans frustration ni déception.

  • M’essayer à d’autres techniques de fil : punchneedle donc, linogravure… (et couture, pour réaliser des finitions parfaites).
  • Dessiner et peindre davantage.
  • Ne pas passer d’une idée à une autre, d’une création à une autre : être plus rigoureuse dans ma pratique. Apprendre ainsi à canaliser mes idées, éviter de partir dans tous les sens…
  • Dégager plus de temps (voir plus haut).
  • Ranger (je passe trop de temps à chercher mes couleurs de fil, mes aiguilles, mes croquis… que je mets mille ans à retrouver). C’est une très grande source d’exaspération pour moi de passer ma vie à chercher ce que j’ai mal rangé.
  •  Ne plus noter mes idées sur des bouts de papier que, là aussi, j’ai toujours du mal à retrouver (quand je les retrouve !) : me servir toujours de mes cahiers et carnets, quitte à coller mes bouts de papier dedans.
  • Oser davantage.

Mais mon objectif le plus important, c’est de consacrer plus de temps à développer cette activité : ouvrir une boutique en ligne entre autres. A suivre, donc.

Et puis, quand on travaille depuis de nombreuses années et que la création est toujours restée en suspens – par peur, par manque de confiance ou par manque de temps –, il est temps de se lancer vraiment, non ?